La courbe IS
La courbe IS illustre les combinaisons d'équilibre entre le revenu (Y) et le taux d'intérêt (i) dans le modèle IS-LM. Elle représente l'ensemble des points d'équilibre sur le marché des biens. En tout point de la courbe IS, la demande globale (AD) est égale au revenu (Y). La construction de la courbe IS repose sur le modèle IS-LM, dans lequel l'équation du revenu est définie comme suit :
Y = C + I + G + TR - T + X - M
Dans le modèle IS-LM, l'équation du revenu (Y) est similaire à celle du modèle revenu-dépenses. Le revenu est déterminé par les dépenses de consommation (C), les dépenses d'investissement (I), les dépenses publiques (G), les exportations (X) et, à l'inverse, par les impôts (T). La différence réside dans la fonction d'investissement : dans le modèle revenu-dépenses, les investissements (I) sont une variable exogène influencée par les anticipations à long terme des entreprises, tandis que dans le modèle IS-LM, ils sont inversement proportionnels au taux d'intérêt. La fonction d'investissement dans le modèle IS-LM est exprimée comme suit :
I = I0 - bi
Les dépenses publiques (G), les transferts (TR), les importations (M) et les exportations (X) étant des variables exogènes (constantes), les autres variables du modèle économique sont définies ainsi :
C = C0 + cYd
T = T0 + tY
Yd = Y - T + TR
En remplaçant les variables de consommation (C), d'investissement (I) et de fiscalité (T) par leurs équations respectives dans l'équation du revenu, puis en isolant la variable Y et après quelques étapes algébriques (omises ici), on obtient une équation reliant le niveau de revenu (Y) au taux d'intérêt (i).

L'équation IS peut être représentée sur un diagramme cartésien avec le revenu en abscisse et le taux d'intérêt en ordonnée. Les points de la courbe IS sont des points d'équilibre, correspondant aux combinaisons (Y, i) qui assurent l'équilibre du marché des biens.

Dans le diagramme ci-dessus, trois situations distinctes sont illustrées. Pour un taux d'intérêt donné (i), le niveau de revenu Y' est inférieur à la demande globale (AD). Ainsi, tous les points situés à gauche de la courbe IS reflètent des situations de demande excédentaire par rapport au revenu. Inversement, lorsque le niveau de revenu Y" dépasse la demande globale, tous les points situés à droite de la courbe IS traduisent des situations de production excédentaire (offre excédentaire). Enfin, le niveau de revenu Y correspond au seul point d'équilibre où, pour un taux d'intérêt donné i, la demande globale est égale au revenu.
Pente de la courbe IS. La courbe IS est décroissante en raison de la relation inverse entre les dépenses d'investissement (I) et le taux d'intérêt. Une hausse du taux d'intérêt (i) entraîne des coûts de financement plus élevés pour les entreprises, ce qui réduit leurs investissements. À l'inverse, une baisse du taux d'intérêt diminue les coûts de financement, incitant les entreprises à augmenter leurs investissements (I). Les investissements (I), composante de la demande globale, influencent directement cette dernière, et donc le revenu (Y), dans le même sens, sous hypothèse ceteris paribus. Une courbe IS plus plate indique une plus grande sensibilité des investissements (b) aux variations du taux d'intérêt, et vice versa.

Politique budgétaire. Les dépenses publiques (G) et les impôts (T) influencent directement le multiplicateur de revenu. Toute variation de ces variables déplace la courbe IS. Par exemple, une augmentation des dépenses publiques stimule la demande globale, ceteris paribus, provoquant une hausse du revenu national et un déplacement de la courbe IS vers la droite.
